Synthèse du 2e forum public « Médias et pratiques politiques »
Le 16 avril dernier, l’Institut de recherche sur le Québec tenait son deuxième forum public intitulé « Médias et pratiques politiques ». En tout, près d’une centaine de participants ont répondu à l’appel et sont venus réfléchir au rôle que jouent les médias dans l’organisation du débat politique au Québec.
Conférence d’ouverture
Le mot d’ouverture a été assuré par Mme Anne Legaré, professeure titulaire de science politique à l’UQAM, qui a présenté l’Institut de recherche sur le Québec ainsi que le conférencier d’ouverture.
Le discours d’ouverture a été prononcé par M. Florian Sauvageau. Fondateur du Centre d’étude sur les médias, M. Sauvageau possède une longue expérience dans le milieu journalistique qui lui permet d’avoir un regard critique sur le rôle des médias dans la vie politique québécoise.
D’entrée de jeu, il évoque la schizophrénie collective ambiante qui consiste à demander aux médias privés, de plus en plus contraints par la rentabilité, d’être des acteurs de la vie démocratique. Aussi, comme la qualité de l’information coûte cher, les entreprises de presse sont souvent dans l’obligation de tourner les coins ronds. Il affirme donc que les services publics d’information devraient se dégager des exigences du marché afin d’offrir une information de qualité. Sur la question de la dévalorisation des pratiques politiques, M. Sauvageau rappelle les exemples où les politiciens tentent, par les entreprises de presse, de se mettre en valeur et d’influencer le débat politique. Le passage des hommes et femmes politiques à l’émission Toute le monde en parle témoigne de la tentative de revalorisation de leur image. La concentration des médias et le phénomène de la propriété croisée constituent un problème qui inquiète particulièrement M. Sauvageau.
L’auteur rappelle que, pendant les moments forts de la guerre en Irak, les quotidiens de Québécor faisaient la une avec Star Académie. Il pose cette pertinente question : « Imaginez l’impact si cette machine était au service d’une idée politique? ». Il en illustre les conséquences par le rôle du Réseau Fox aux États-Unis qui a soutenu la guerre en Irak, orienté les informations en ce sens tout en démonisant ceux qui ne l’appuyaient pas.
M. Sauvageau rappelle que la concentration des médias n’est pas un phénomène nouveau. Pour lui, « les problèmes restent les mêmes, les questions restent les mêmes, mais dans un environnement qui se transforme, il ne faut pas continuer à poser les questions et à chercher les solutions aux problèmes en gardant en tête les vieux médias ». Les choses changent dans l’ensemble du système médiatique, que ce soit les sources d’information ou les publics. L’apparition des attachés de presse et des responsables des communications dans les organisations participe à l’importance de cette ère de la communication. Les stratégies médiatiques des acteurs politiques seront affinées et développées afin d’attirer l’attention des médias. Cette situation n’est pas sans effet : « les journalistes ne sont plus aussi autonomes qu’ils étaient mais sont dangereusement à la remorque de tous ces agents de communication qui militent pour leur cause ».
M. Sauvageau constate l’arrivée d’une époque de fragmentation qui continuera à se développer dans les prochaines années. Il prend comme exemple un journal chinois très populaire de Vancouver qui possède une importante section sur la vie de Hong-Kong ou encore le développement aux États-Unis de la presse qu’il qualifie d’ethnique. Avec la radio par satellite, avec l’accès aux journaux internationaux par Internet et aux nouvelles sur le téléphone cellulaire, les médias traditionnels n’auront plus le pouvoir qu’ils avaient. Un autre constat est celui du changement du public. Il prédit donc l’arrivée prochaine d’un monde à deux vitesses : d’un coté, ceux qui vont s’informer rapidement sur Internet, avec les journaux gratuits dans le métro et par cellulaire, d’un autre coté, ceux qui voudront s’informer en profondeur et par conséquent investir beaucoup de temps et d’argent.
M. Sauvageau conclut en insistant sur l’importance que les médias deviennent des sources d’information parmi d’autres. Il est nécessaire aussi selon lui que l’éducation aux médias face partie des objectifs éducatifs afin de développer l’esprit critique chez les jeunes.
Atelier A – Le rôle des médias dans la manière dont se structure le débat public au Québec
Mme Isabelle Gusse, professeure et directrice du programme de baccalauréat en communication, politique et société à l’UQAM, a ouvert cette table ronde sur la manière dont l’interaction entre les journalistes, les personnalités politiques et les communicateurs détermine l’agenda des thèmes politiques qui bénéficieront ou non d’une couverture médiatique. Dénonçant les phénomènes de la « politique-spectacle » et de « l’information-divertissement », elle constate la sous-traitance accrue de l’image politique par les experts de la communication politique.
Selon elle, « c’est dans une sorte de logique de confusion des genres médiatiques et de communication politique fondée sur la personnalisation et le star système que s’inscrit donc la politique-spectacle et on peut se demander si elle n’est pas en train de devenir la tendance en matière de communication politique ». Dans ce contexte, les élections deviennent le lieu par excellence du marketing politique visant à vendre un produit, le politicien, à des consommateurs, les citoyens. Mme Gusse réfléchit aux conséquences du rôle du faiseur d’image et des communicateurs professionnels et de leur influence de plus en plus importante dans l’agenda politique. Elle constate que, de plus en plus, la chose politique doit répondre aux contraintes du divertissement.
Elle termine en affirmant que, malgré tout, « la médiatisation des débats et enjeux politiques dans l’espace public de nos jours reste une activité de toute première nécessité pour favoriser l’engagement citoyen en démocratie ».
L’exposé de M. Mario Cardinal, auteur du livre Il ne faut pas toujours croire les journalistes et ex-ombudsman à la SRC, a porté sur le rôle des médias et l’organisation de l’actualité. M. Cardinal a voulu souligner l’absence de débat public sur certains enjeux de société et dénoncer « le silence des intellectuels au Québec devant ce qui devrait susciter un débat public ».
En effet, « je lance la pierre aux universitaires avant de lancer la pierre aux médias », a-t-il affirmé. Selon lui, « le rôle des médias n’est pas de provoquer ces débats-là mais s’il y a une institution, s’il y a des universitaires, s’il y a des universités, s’il y a des associations qui amènent des débats sur la place publique, les médias devraient, ou en tout cas pourraient, jouer leur rôle et en rendre compte », conclut M. Cardinal.
Dans son exposé, Mme Maryse Potvin, chercheure associée au Centre d’études ethniques des universités montréalaises, nous a fait part de son analyse sur la façon dont les médias ont traité « l’affaire David Levine » (ou le problème plus général des propos hostiles aux nationalistes québécois dans la presse canadienne). Mme Potvin a rappelé que certains médias ainsi que des personnalités politiques ont contribué à donner un statut à un fait divers qui, sans l’intervention journalistique, serait passé inaperçu. Elle a rappelé les différents mécanismes utilisés dans le discours et le traitement médiatique : la différenciation, la frontière « nous versus eux », la généralisation d’un trait à une population entière, la justification morale afin de délégitimer l’adversaire, la banalisation.
Elle constate un crescendo dans la cristallisation des propos racistes dans le discours politique et médiatique. De plus, dans le cas de l’affaire Lévine, certains médias sollicitaient la population à aller manifester, orientaient des sondages maisons, tentaient d’influencer l’opinion publique en faisant des parallèles dans des éditoriaux avec le régime nazi. Cette analyse met donc en lumière le rôle d’acteur dans les débats sociétaux que peuvent jouer les médias.
Atelier B – Les médias et la dévalorisation des pratiques politiques au Québec
Mme Catherine Côté, chercheure invitée au département de science politique de l’Université de Montréal et auteur d’une thèse sur la question de l’engagement en politique, a parlé de la crise de la représentation politique, du rôle des médias, du pouvoir des médiateurs sociaux et de leur capacité de structurer la réalité et d’agir comme leaders d’opinion. Constatant le cynisme et le désenchantement politique des citoyens, Mme Coté rappelle que dans les sondages évaluant la confiance qu’ont les électeurs face aux politiciens, ces derniers sont classés juste après les vendeurs d’automobiles.
Elle observe aussi une baisse de la participation électorale et une baisse d’engagement et de participation politique, phénomènes généralisés à l’ensemble des sociétés occidentales. Les médias, comme acteurs politiques, engendrent de nombreux effets : le phénomène de spirale consiste à la propension des individus à se rallier à ce que les médias présentent comme la majorité, par l’agenda setting, les médias fixent les priorités sur lesquelles il faut s’attarder, le framing a pour finalité que les médias cadrent l’information et la manière de percevoir les événements, l’effet priming sera les balises utilisés par les médias servant aux citoyens dans leurs choix politiques. Ainsi, « les médias remplacent aujourd’hui les partis comme canaux de communication privilégiés entre les citoyens et la sphère politique.
Les médias agissent en tant qu’intermédiaires pour ne pas dire en tant que médiateurs entre les deux ». En conclusion, elle soulève une question pertinente : « Quels sont les liens entre le cynisme ambiant et les médias? » Propriété concentrée et influences idéologiques, contraintes imposées aux journalistes dues à la course au profit, rôle souvent sensationnaliste des médias et toile de fond négative utilisée par les journalistes dans leur façon de dépeindre les politiciens, sont autant de pistes de réponse.
Journaliste et auteur du livre le Dossier noir des commandites, M. Jacques Keable a présenté une critique sur les rapports entre les acteurs politiques et les journalistes. « C’est difficile de résister à la tentation de dire que le monde politique n’a franchement pas besoin des médias pour se dévaloriser. Par les temps qui courent, ils font très bien la job tout seuls » a-t-il lancé d’entrée de jeu.
M. Keable rappelle le rôle irremplaçable des médias. En effet, précise-t-il, « ce sont les médias qui ont révélé le scandale des commandites; sans eux, nous ne l’aurions jamais su ». Selon lui, la concurrence pousse les médias vers le plus bas dénominateur et provoque l’uniformisation des idées et des sources d’information. Liberté d’expression et diversité de la presse sont affectées par ce phénomène. M. Keable dénonce les propos de certains journalistes qui affirment que « les médias seraient des miroirs objectifs posés sur la société; en conséquence si l’image qui nous revient nous déplait, nous n’avons qu’à nous en prendre à nous-mêmes puisque c’est son image qu’on nous envoie ». Selon le conférencier, cette vision des choses permet aux journalistes de se déculpabiliser de leur rôle et des effets engendrés dans la dévalorisation qu’ont les citoyens face aux hommes et femmes politiques.
Quant à M. André Pratte, éditorialiste en chef au journal La Presse, il a notamment critiqué le passage du journalisme d’investigation au journalisme de dénonciation, l’attitude cynique des journalistes à l’égard du politique, les effets de l’utilisation effrénée des sondages et l’urgence de revaloriser la mission pédagogique des médias comme étant des symptômes révélateurs de ce problème. Selon lui, peu importe les dérapages des médias, ils sont essentiels à la société « parce qu’ils permettent de savoir ce qui se passe dans le monde et dans notre monde, ils nous permettent également de savoir ce que beaucoup de monde ne veut pas qu’on sache, en particulier les gens du monde politique, et aussi parce qu’il offre un lieu de débat démocratique ».
Au cœur du sujet de l’atelier, il pose l’incontournable question : « Est-ce que les médias nuisent aux politiciens? » Pour M. André Pratte, « c’est presque naturel qu’il en soit ainsi ». Les exemples sont nombreux où les médias ont eu tendance à être complaisants à l’égard d’un individu et à devenir, du jour au lendemain, extrêmement critiques. Il illustre cette idée avec le traitement médiatique de Pierre Bourque lors de son entrée en politique et de Mario Dumont lors de son passage sur la scène politique provinciale. Les politiciens sont donc très craintifs des médias et leur discours demeure prudent. On constate donc que les rapports entre politiciens et journalistes sont teintés de méfiance et de cynisme, ce qui contribue à la représentation du monde politique par les citoyens.
L’information continue possède un impact très fort dans la vie politique. Pratte dénonce le fait que le principal talent recherché chez un homme ou une femme politique ne soit pas ses capacités de gestion ou ses convictions mais bien la rapidité avec laquelle il peut réagir. Beaucoup de politiciens se sentent piégés par les journalistes et ceux qui s’en tirent le mieux sont ceux qui ont de l’expérience dans le milieu des communications.
D’entrée de jeu, il évoque la schizophrénie collective ambiante qui consiste à demander aux médias privés, de plus en plus contraints par la rentabilité, d’être des acteurs de la vie démocratique. Aussi, comme la qualité de l’information coûte cher, les entreprises de presse sont souvent dans l’obligation de tourner les coins ronds. Il affirme donc que les services publics d’information devraient se dégager des exigences du marché afin d’offrir une information de qualité. Sur la question de la dévalorisation des pratiques politiques, M. Sauvageau rappelle les exemples où les politiciens tentent, par les entreprises de presse, de se mettre en valeur et d’influencer le débat politique. Le passage des hommes et femmes politiques à l’émission Toute le monde en parle témoigne de la tentative de revalorisation de leur image. La concentration des médias et le phénomène de la propriété croisée constituent un problème qui inquiète particulièrement M. Sauvageau.
L’auteur rappelle que, pendant les moments forts de la guerre en Irak, les quotidiens de Québécor faisaient la une avec Star Académie. Il pose cette pertinente question : « Imaginez l’impact si cette machine était au service d’une idée politique? ». Il en illustre les conséquences par le rôle du Réseau Fox aux États-Unis qui a soutenu la guerre en Irak, orienté les informations en ce sens tout en démonisant ceux qui ne l’appuyaient pas.
M. Sauvageau rappelle que la concentration des médias n’est pas un phénomène nouveau. Pour lui, « les problèmes restent les mêmes, les questions restent les mêmes, mais dans un environnement qui se transforme, il ne faut pas continuer à poser les questions et à chercher les solutions aux problèmes en gardant en tête les vieux médias ». Les choses changent dans l’ensemble du système médiatique, que ce soit les sources d’information ou les publics. L’apparition des attachés de presse et des responsables des communications dans les organisations participe à l’importance de cette ère de la communication. Les stratégies médiatiques des acteurs politiques seront affinées et développées afin d’attirer l’attention des médias. Cette situation n’est pas sans effet : « les journalistes ne sont plus aussi autonomes qu’ils étaient mais sont dangereusement à la remorque de tous ces agents de communication qui militent pour leur cause ».
M. Sauvageau constate l’arrivée d’une époque de fragmentation qui continuera à se développer dans les prochaines années. Il prend comme exemple un journal chinois très populaire de Vancouver qui possède une importante section sur la vie de Hong-Kong ou encore le développement aux États-Unis de la presse qu’il qualifie d’ethnique. Avec la radio par satellite, avec l’accès aux journaux internationaux par Internet et aux nouvelles sur le téléphone cellulaire, les médias traditionnels n’auront plus le pouvoir qu’ils avaient. Un autre constat est celui du changement du public. Il prédit donc l’arrivée prochaine d’un monde à deux vitesses : d’un coté, ceux qui vont s’informer rapidement sur Internet, avec les journaux gratuits dans le métro et par cellulaire, d’un autre coté, ceux qui voudront s’informer en profondeur et par conséquent investir beaucoup de temps et d’argent.
M. Sauvageau conclut en insistant sur l’importance que les médias deviennent des sources d’information parmi d’autres. Il est nécessaire aussi selon lui que l’éducation aux médias face partie des objectifs éducatifs afin de développer l’esprit critique chez les jeunes.
Atelier C – Les effets de la concentration sur la qualité et la diversité de l’information
M. Alain Gravel, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et animateur de l’émission Enjeux à la SRC, a présenté une analyse du phénomène de la concentration. Pour la FPJQ, il s’agit d’un phénomène qui préoccupe les journalistes et qui va en s’accroissant. M. Gravel rappelle le portrait de la concentration au Québec. Alors que la plupart des pays légifèrent en matière de propriété, rien au Québec et au Canada ne freine la concentration.
La FPJQ ne s’oppose pas nécessairement au phénomène de croissance. Dans certains cas, la concentration peut même faire en sorte de hausser la qualité. « La question nous pensons est plutôt de savoir à partir de quel moment la croissance de ces entreprises par la multiplication des titres, et l’acquisition d’autres médias, nuit à l’intérêt public? Quand franchit-on le seuil à partir duquel la concentration devient inacceptable? » Pour la FPJQ et son président, « nous avons atteint les limites tolérables » en matière de concentration. Les autorités publiques doivent prendre leurs responsabilités. En conclusion, il propose d’interdire la propriété croisée, comme cela se faisait auparavant, d’ajouter une obligation de considérer la diversité des voix et de créer un fonds fédéral d’aide et de soutien à la presse.
Dans l’exposé de M. Michel Vézina, il a surtout été question de la place des médias alternatifs, de la gratuité de l’information et du contrôle du contenu par le monde publicitaire. Notons que M. Vézina est actuellement chroniqueur à l’hebdomadaire culturel ICI Montréal et il signe aussi une chronique d’humeur dans le Mouton Noir, journal d’opinion dont il a été le rédacteur en chef de 2000 à 2002. Il co-anime également une émission littéraire sur les ondes de CIBL 101,5. En matière de presse culturelle, la gratuité des nouvelles semble être le principal danger. En effet, dans le cas de ICI Montréal, 100 % des revenus proviennent de publicités privées dont plus de 50 % de l’industrie culturelle. Ainsi, la situation est ambiguë : ceux qui financent le journal sont justement ceux que les journalistes doivent critiquer. Il rappelle le cas d’un journaliste de ICI Montréal qui a failli être mis à pied parce que, suite à une critique sévère d’un film, son distributeur a menacé de ne plus prendre de publicités dans le journal.
En ce qui concerne la presse communautaire et alternative, le constat est clair : « comme elle n’est pas soutenue par l’État, sa survie est menacée par l’absence de revenus publicitaires qui sont drainés par les grands groupes de presse ». Il cite l’exemple de Recto-Verso, aujourd’hui disparu à cause de ses difficultés financières et du peu de soutien étatique. Il dénonce aussi le fait que l’information n’est devenue aux yeux de certains que des produits commercialisables devant assurer, non seulement la rentabilité, mais le profit.
M. Robert Fortin, vice-président du syndicat des employés de CKAC, a abordé la question de la concentration en illustrant les conséquences de la fermeture de la salle des nouvelles de CKAC. D’entrée de jeu, M. Fortin rappelle l’importance de la radio puisqu’elle constitue souvent la principale sinon la seule source d’information de beaucoup de gens. De plus, elle est la seule station de radio privée qui produit de l’information nationale et internationale. CKAC a mobilisé des citoyens et des organisations afin d’interpeller les décideurs puisque la disparition de la salle de nouvelles de CKAC entraînerait, selon lui, un niveau de concentration dans le domaine radiophonique qui serait désastreux. La décision sera prise dans les prochains jours mais ses espoirs sont faibles étant donné la nouvelle politique de déréglementation des ondes publiques du CRTC.

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